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Entretenir ses chéneaux
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Guide — Ferblanterie et évacuation des eaux

Deux passages par anCe qu’on peut faire soi-mêmeSignes d’alerte

Entretenir ses chéneauxle calendrier complet

Personne ne regarde ses chéneaux, et pourtant ce sont eux qui évacuent la totalité de l’eau tombée sur votre toit. Voici quand intervenir, ce qu’il faut vérifier et ce qui annonce un remplacement.

gouttière lau
Chéneau en aluminium après remplacement

La pièce la plus sollicitéeet la plus négligée

Un chéneau collecte l’eau de dizaines de mètres carrés de toiture et doit l’emmener au sol sans qu’une seule goutte ne touche la façade. C’est un travail continu, saison après saison, et pourtant c’est la partie de la toiture à laquelle on pense en dernier. Dans la majorité des cas, on la découvre le jour où l’eau déborde en cascade ou lorsqu’une traînée verte apparaît sur le crépi.

Rappelons le vocabulaire, car il diffère de celui utilisé en France : en Suisse romande on parle de chéneaux et non de gouttières, et le métier qui les façonne est la ferblanterie, pas la zinguerie. Un chéneau peut être pendant, accroché sous le bord de la toiture, ou encaissé, intégré dans l’épaisseur de la corniche. Cette seconde configuration, très présente sur le bâti ancien genevois, est nettement plus traître.

Ce qui tue un chéneau n’est presque jamais la pluie mais la stagnation. Un dépôt de feuilles ou d’aiguilles retient l’eau en permanence contre le métal, qui devrait sécher entre deux averses. Le métal reste humide toute l’année et se corrode de l’intérieur, sans que rien ne se voie depuis le sol. C’est de cette manière que meurent la grande majorité des chéneaux que nous remplaçons.

Signes d’alerte

Quatre indicesd’un chéneau en fin de vie

Aucun ne se voit en regardant le chéneau lui-même. Tous se lisent ailleurs.

01

Une traînée sur le crépi

Une coulée verte ou noire partant de la corniche signifie que l’eau ruisselle contre le mur au lieu de suivre le chemin prévu. C’est l’indice le plus fiable.

02

De la végétation dans la corniche

Une touffe d’herbe ou une petite fougère suppose un lit d’humus permanent, donc des années d’eau stagnante. Le métal en dessous est presque toujours déjà attaqué.

03

Un débordement toujours au même point

Ce n’est généralement pas un bouchon mais un affaissement : les crochets ont cédé et la pente s’est inversée localement. Curer ne suffira pas.

04

Une auréole en haut d’un mur intérieur

Sur un chéneau encaissé, la fuite ne se voit pas dehors : elle passe directement dans la structure. C’est une urgence, car l’eau circule dans le bois.

Le calendrier d’entretien

Deux passages par an suffisent à éviter l’immense majorité des sinistres liés à l’évacuation des eaux. Voici quand et pourquoi.

Fin novembre, après la chute des feuilles

C’est le passage le plus important de l’année, et de loin. On vide, on rince à l’eau claire et on vérifie que chaque descente s’écoule librement. L’objectif est d’entrer dans l’hiver avec un chéneau vide : un fond d’eau qui gèle se dilate, déforme les soudures et fait perdre la pente d’écoulement pour de bon.

Sortie d’hiver, en mars

On contrôle ce que le gel a laissé : déformations, soudures fatiguées, crochets desserrés, points bas apparus là où il n’y en avait pas. C’est aussi le bon moment pour repérer les tuiles déplacées par la bise et les dégâts de l’hiver sur l’ensemble de la toiture.

Après chaque épisode violent

Un orage de grêle ou un coup de bise soutenu bourre les chéneaux de débris en quelques minutes et déplace souvent quelques tuiles. Un contrôle rapide dans les jours qui suivent évite l’infiltration du mois suivant. C’est une vérification de dix minutes qui rapporte beaucoup.

Tous les dix ans environ

Un examen approfondi de l’état du métal, vu de l’intérieur du chéneau. C’est ce contrôle qui permet de programmer un remplacement au moment choisi plutôt que de le subir en urgence, un dimanche de novembre, avec l’eau qui coule dans le salon.

Ce que vous pouvez faire vous-même

Sur un bâtiment de plain-pied, avec un accès sûr et une échelle correctement calée, retirer les feuilles à la main gantée puis rincer au tuyau est à la portée de beaucoup de propriétaires. Quelques règles : ne posez jamais l’échelle contre le chéneau lui-même, qui se déforme sous la charge ; travaillez toujours à deux ; et n’utilisez pas de nettoyeur haute pression, qui projette les débris sous les tuiles au lieu de les évacuer.

Passez la main dans l’eau vers la naissance de chaque descente : c’est presque toujours là que se forme le bouchon. Un simple furet de plomberie suffit à dégager une descente partiellement obstruée.

Ce qu’il vaut mieux nous laisser

Dès qu’il faut monter au-delà du premier étage, marcher sur la toiture, ou intervenir sur un chéneau encaissé, arrêtez-vous là. Les chutes depuis une échelle ou une toiture restent l’accident domestique le plus grave chez les propriétaires, et elles arrivent presque toujours lors d’une tâche considérée comme anodine. Le coût d’un curage professionnel n’a aucune commune mesure avec celui d’une chute.

Un chéneau encaissé demande en outre un oeil exercé : son étanchéité se juge de l’intérieur, sur des détails de relevés et de soudures qui n’ont rien d’évident. Une fuite y passe directement dans la maçonnerie et dans la charpente, sans jamais couler le long de la façade.

Questions fréquentes

Ce que vousnous demandez souvent

Un chéneau en zinc-titane correctement posé et entretenu tient couramment quarante à septante ans. Le cuivre dépasse le siècle. L’aluminium laqué se situe dans une fourchette comparable au zinc. Ces durées s’effondrent en revanche si l’eau stagne en permanence : un chéneau jamais curé peut être percé en quinze ans.

Ponctuellement oui, par soudure ou par pose d’une pièce, quand le reste du chéneau est sain et que la perforation vient d’un choc. Si le métal est corrodé sur toute sa longueur, la réparation ne fera que déplacer la fuite de quelques mètres l’année suivante. Les mastics et bandes autocollantes du commerce tiennent une saison, rarement deux.

Sous de grands feuillus à larges feuilles, oui, elles réduisent nettement la fréquence des curages. Sous des résineux, elles se colmatent d’aiguilles et compliquent le nettoyage plus qu’elles ne l’évitent. Dans tous les cas, elles espacent l’entretien mais ne le suppriment jamais.

Beaucoup d’installations anciennes ont été dimensionnées sur des intensités de pluie plus faibles que celles des épisodes orageux actuels. Si vos chéneaux débordent lors des gros orages alors qu’ils sont propres, c’est un problème de section et non d’entretien. La solution passe par l’ajout d’une descente ou par un diamètre supérieur.

Oui, c’est même très courant : le remplacement se fait par l’extérieur en soulevant seulement le premier rang de tuiles. L’inverse est en revanche déconseillé : poser une couverture neuve en gardant des chéneaux fatigués revient à programmer un second chantier avec un nouvel échafaudage.

Vos chéneaux n’ont pasété regardés depuis des années ?

Un curage et un contrôle coûtent une fraction de ce que coûte la reprise d’une façade abimée par un débordement répété.

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